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Sortir de sa zone de confort

Laponie Laponie

Une aventure en Laponie : sortir de ma zone de confort

Des semaines que j’attends ce (nouveau) départ pour la Laponie, et cette première expérience de bivouac hivernal. Seul. Des mois, voire années que je rêve de vivre ce type d’aventure. En effet, l’image – peut-être romancée – de la vie de trappeur, de coureur des bois, largement inspiré par mes lectures me fait rêver : de Jack London et ses nombreux romans dans le Grand Nord canadien, à Nicolas Vanier et ses aventures à travers ses Pays d’en haut, en passant par les expériences comme ont pu les vivre Pete Fromm et son Indian Creek, où des trappeurs comme John Haines ou Grey Owl, j’avais des tas d’images qui trottaient dans ma tête et qui vont enfin se concrétiser (à mon humble niveau, et sur une petite semaine, dans une zone pas si perdue ni extrême que ça, remettons les choses à leur place). Et surtout, rester une semaine dehors implique aucune possibilité de rentrer quand il fait trop froid, ou trop nuit et tard, et augmente les chances de voir aurores boréales ou de profiter de l’aube, chose qu’un bon lit confortable gène généralement (du moins chez moi, ou lorsqu’on voyage en couple. Mettre son réveil à 5h du matin pour se lever, s’habiller, sortir, c’est difficile. Là je serais directement dehors !).

Forêt en Laponie

Forêt en Laponie

Laponie

Sympa de faire son bivouac par ici

S’organiser pour un bivouac hivernal

Après tout, est-ce si difficile, avec un minimum de matériel, une petite expérience en stage de survie (encadré, mais « survie », à l’inverse de ce séjour où j’ai tout organisé et qui ne s’apparente donc pas à de la survie) de passer une semaine dehors, seul, dans la neige, par des températures pouvant être bien négatives ? (et encore, j’ai peur d’avoir du positif, ce qui serait la pire des choses d’après mon organisation) ?

Si je n’ai pas peur, et suis très impatient – en phase finale de la préparation – je sens une petite appréhension poindre, doucement, restant tapis au fond de ma tête, mais présente quand même.

Globalement, il me reste à alléger mon sac – comment vais-je faire rentrer tout ce que j’ai prévu, et plus encore – préparer tout ce qui est vêtements, mon sac « geek » et « loisirs », prévoir la nourriture, et garder de la place pour ma journée de shopping à Stockholm ? Je glane les derniers conseils (merci Youri), avec cette impression d’être prêt mais d’avoir encore tant de choses à apprendre et à préparer. C’est surement ça, l’expérience, la vraie que je vais me construire.

Des contraintes et un confort différent

Pour en revenir à cette petite voix qui me dit « attention… », c’est, qu’habitué à mon petit confort, dormir dans un bon lit, pouvoir se doucher chaque jour, avoir chaud et appuyer sur un bouton marche/arrêt pour faire chauffer de l’eau et manger, bref, tout ce confort auquel je suis habitué (et la société en général), je vais en être très loin. Chaque geste, chaque amélioration de mon quotidien devra se faire au travers de contraintes auxquels je ne suis pas habitué. Mais c’est aussi cela que je cherche, cette remise en question de moi-même, cette possibilité de remettre en cause et en perspective – mon – le mode de vie de notre société en général.

Laponie

Se poser sur le bord d’un lac et rêver…

La solitude et l’aventure : si difficile?

S’ajoute à ça la peur de m’ennuyer aussi, car me retrouver seul, au milieu de la taïga, sans personne à qui parler, sans endroit pour me poser pour lire un bouquin ou juste se reposer, risque d’être un peu difficile. Pourtant j’aime la solitude, mais est-ce que je la connais si bien que ça ? Comment l’appréhender ? Peut-être que finalement mon esprit pourra ainsi librement divaguer…

A l’inverse des raids où l’aventurier a un trajet plus ou moins défini et des kilomètres quotidiens à parcourir, qui font passer le temps rapidement – par obligation, je n’ai pas choisi ce type de séjour itinérant, mon idée étant plutôt de me construire un camp de base, et vadrouiller autour (ce qui pourra aussi revenir au même, vous en conviendrez, après tout, c’est moi qui me fixerais mes limites, sans aucune contrainte de ce côté-là, les seules contraintes seront d’ordre pratique et d’assouvir mes besoins primaires. Marrant d’ailleurs, car je serais, selon la pyramide de Maslow, entre assouvissement de besoins primaires et l’accomplissement de soi. Chercher le bon équilibre !

A contrario, je me dis que chercher du bois, faire fondre de l’eau, me préparer à manger, prendre des photos et vidéos, m’entretenir, ranger et déplacer mon camp, construire mon igloo, monter et démonter/ranger le tarp, améliorer le camp me prendront beaucoup de temps, et le feront passer ainsi.

Des tas de choses m’attendent au final lors de cette aventure, et plus les jours passent, plus l’envie se fait sentir, se retrouver dedans, une fois l’avion décollé de Paris, et que la Suède apparaîtra, toute ces appréhensions disparaîtront !

Abisko lac

Et pourquoi ne pas pêcher sur la glace gelée d’un lac?

A propos Laponico (570 Articles)
Passionné des régions nordiques et scandinaves. J'ai plusieurs voyages à mon actif, en Laponie suédoise, norvégienne et finlandaise, ainsi que dans d'autres régions de ces pays. J'aime les grands espaces, la nature et je pratique le karaté et la course à pieds/trail. N'hésitez pas à me contacter.

9 Commentaires le Sortir de sa zone de confort

  1. Ca va être génial. Juste toi et la nature. Hâte de lire le récit du retour.

  2. Oh woah ça fait envie…
    L’idée du camp de base est bien plus intense qu’un trek dans mon esprit ; comme un nouveau “chez soi” fixe, pour une courte période peut-être mais quand même, l’expérience n’est plus du tout la même.
    Et c’est tellement bien résumé, ce mélange d’excitation et d’appréhension ! J’ai moi aussi vraiment hâte de lire tes retours 🙂

  3. Ton rêve le plus cher qui abouti, quel bonheur !! Je comprends ton impatience, l’expérience va être fascinante. Tu reviendras plus riche et avec les réponses à toutes tes questions 😉 J’ai hâte d’avoir ton compte rendu au retour.
    Profite pleinement !!!

  4. Hâte d’avoir tes retours concernant cette expérience 🙂
    Je pense que ça doit être hyper enrichissant de vivre ça. Je comprends ton impatience.
    Et puis c’est important de se dépasser de temps en temps. Ca aide à mieux gérer le quotidien 😉
    En espérant que tu n’aies pas trop de galères !

    • les galères font parties de l’aventure (même si en les vivant je ne dirais plus ça je pense), mais après les souvenirs n’en sont que plus beau ! Et ça fait de l’expérience, pour de futurs séjours de ce type 🙂

  5. Un petit bonjour depuis l’aéroport de Kiruna où nous attendons notre avion pour le retour. Snif !
    Il fait “chaud” en ce moment, j’espère que tu auras les températures que tu attends. Hâte d’avoir ton retour d’expérience à ton retour ! Nous, on a fait 6 jours à dormir dans une voiture pour pouvoir aller ou on veut sans contrainte de logement. J’avais peur que le temps soit long et en fait c’est passé à une vitesse folle. Ton aventure est une étape bien au dessus, je suis sûre que tu vas t’éclater 😀 Bon voyage en tous cas !

    • Arf le moment le plus difficile le retour…j’avoue le roadtrip en voiture peut-être sympa car tu peux voir plus d’endroits, après, j’aime bien me poser dans un endroit (d’ou le trip semi-itinérant, rester si un endroit me plait, bouger ensuite autour).
      Il manque de vacances et de temps au final !!!

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